Actualité Brève

La bataille entre compagnies du Golfe et américaines est-elle sur le point de prendre (enfin) fin ?

Publié par Keven

Cela fait désormais deux ans que Delta Air Lines a stoppé ses vols entre Atlanta et Dubaï. Et cela va peut-être changer prochainement avec l’annonce de la signature, hier mardi 30 janvier 2018, d’un accord de coopération entre l’administration américaine et le Qatar.

Qatar Airways coopère !

Qatar Airways a accepté de divulguer ses informations financières tous les ans. En effet, les grandes compagnies aériennes américaines se sont plaintes au cours de ces trois dernières années que certains transporteurs basés dans le Golfe Persique bénéficiaient de subventions gouvernementales injustes.

De ce fait, ces compagnies américaines annoncent ainsi obtenir une grande victoire.

Selon le protocole d’accord entre les gouvernements qatari et américain, Qatar Airways « devra publier des rapports annuels publics avec des états financiers vérifiés à l’extérieur conformément aux normes comptables internationales », a indiqué le Département d’État Américain.

Les PDG d’American Airlines et de United ont également applaudi l’accord, affirmant qu’il « protégera à la fois les travailleurs américains et les emplois ». Les deux parties revendiquent cet accord comme une victoire. En effet, pour les compagnies aériennes, « cette transparence permettra de stopper les subventions injustes, car le Qatar ne sera plus en mesure de masquer de tels subventions intégrées grâce à une comptabilité opaque ».

Les trois principaux transporteurs américains – Delta Air Lines, American Airlines et United Airlines – ont dépensé des sommes colossales au cours des trois dernières années pour faire pression sur les administration Obama et Trump afin qu’ils agissent avec force.

Ces compagnies étaient donc impatientes de pouvoir montrer un signe de « victoire ».

Pourtant, pour le Qatar, l’accord évite la menace la plus sérieuse que les compagnies aériennes américaines avaient brandi : renégocier les traités de « ciel ouvert » qui pourrait conduire à des conditions moins favorables pour les compagnies du Golfe.

Et, cet accord permet également au Qatar de dire qu’il coopère étroitement et de manière fiable avec les autorités américaines. Cela aidera le royaume gazier à faire contraste avec les Émirats Arabes Unis, dont les deux compagnies aériennes sont également accusées de subventions inadéquates mais n’ont pas encore trouvé d’accord avec Washington.

Ces questions se posent aussi en Europe ou certaines compagnies nationales, avec en tête de contestation Air France et Lufthansa, essaient de mobiliser l’Union européenne afin de mieux défendre son transport aérien.

Certains ont même souhaité que l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce) puisse s’emparer du dossier.

Pour mémoire, Etihad est même accusée de violer le sacro-saint principe de l’OMC du « traitement national », qui impose une égalité de traitement entre entreprises nationales et étrangères.

Les deux compagnies Emirates et Etihad Airways ne font logiquement pas parties à l’accord États-Unis / Qatar.

Conclusion.

Emirates propose actuellement des vols en « cinquième liberté » dans lesquels les passagers peuvent voler depuis les aéroports de la région de New York vers Milan, l’Allemagne ou la Grèce sans jamais mettre les pieds dans les EAU.

Ce sont ces vols qui sont le plus contestés par les compagnies américaines.

Restent donc à savoir si d’autres accord seront prochainement annoncés ?

Keven.

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Keven

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