Il était un peu plus de 21h30, jeudi 5 février, lorsque le vol SK2590 de Scandinavian Airlines, à destination de Copenhague, s’est retrouvé au centre d’un événement dont l’issue aurait pu être tout autre. À bord de cet Airbus A320neo, 135 passagers et un équipage qui, quelques minutes plus tôt, n’anticipaient rien d’autre qu’un départ tardif, sans enjeu particulier. Ce vol n’a finalement jamais quitté le sol.
Une erreur d’alignement, puis une accélération anormale.
L’appareil devait s’aligner sur la piste 07R de l’aéroport de Bruxelles. À la place, il s’engage sur un taxiway parallèle. Ce type de confusion reste exceptionnel, mais documenté dans l’aviation commerciale. Ce qui l’est beaucoup moins, en revanche, c’est la suite. L’avion entame sa course au décollage et accélère jusqu’à atteindre 107 nœuds (environ 200km/h), soit une vitesse très proche des paramètres habituels de rotation (à configuration identique). Or, un taxiway n’offre ni la longueur, ni les marges de sécurité d’une piste certifiée. La distance disponible devient rapidement critique.
Weather (METAR) data at the time of departure was:
EBBR 051950Z 10006KT 9999 BKN035 07/05 Q0986 NOSIG
This translates as calm winds, more than 10km of visibility and cloud base at 3500 ft.
— Flightradar24 (@flightradar24) February 6, 2026
Un arrêt au bout des limites physiques.
Lorsque l’équipage interrompt la manœuvre, l’avion ne dispose plus que de très peu de marge. Le freinage est brutal. L’appareil s’immobilise à l’extrémité du taxiway, partiellement hors de la zone revêtue, avec des freins sévèrement sollicités. Un élément ajoute à la gravité potentielle de la situation : la zone d’arrêt se situe à proximité immédiate des installations de carburant de l’aéroport. Aucun dégât n’est constaté, aucun blessé n’est à déplorer, mais la configuration finale de l’appareil laisse peu de place à l’interprétation. Les passagers sont débarqués par escaliers et reconduits au terminal en bus. Plusieurs évoqueront un arrêt particulièrement violent, sans comprendre immédiatement ce qui venait de se produire.

Des conditions normales.
Les conditions météorologiques étaient bonnes. Aucun facteur extérieur évident ne semble avoir contribué à l’événement. Dans un communiqué, la compagnie rappelle que la sécurité demeure sa priorité absolue et indique coopérer pleinement avec les autorités compétentes pour établir les circonstances exactes de l’incident. Ce type d’événement est rare. Plus rare encore est le fait qu’un appareil atteigne une telle vitesse sur une surface non destinée au décollage. Dans la plupart des cas recensés, l’erreur est identifiée très en amont, bien avant toute accélération significative. Ici, la chronologie interroge : alignement incorrect, montée en puissance prolongée, absence de correction immédiate. Autant d’éléments qui seront au cœur de l’enquête.
Conclusion.
Le vol SAS n’a pas décollé, et c’est précisément ce qui en fait un cas d’école. À Bruxelles, l’Airbus A320 s’est engagé bien au-delà du seuil où une simple erreur de roulage reste anodine. Si l’incident s’est conclu sans conséquence humaine ou matérielle, il met en lumière la fragilité des marges dès lors que plusieurs barrières de sécurité cessent de jouer leur rôle.
Et vous, que pensez-vous de cet incident, dont l’issue aurait pu être bien différente ?
Julien.

L’Airbus A320neo est un très bon avion et qu’a fait la tour de contrôle ? Elle n’a rien vu? Rien entreprit?