Si ce siège a été officiellement dévoilé par All Nippon Airways dès le milieu de l’année 2025, nous choisissons d’y revenir aujourd’hui car les contours du projet sont désormais beaucoup plus lisibles : calendrier de déploiement précisé, configuration confirmée, et surtout une vision produit qui dépasse l’effet d’annonce pour entrer dans le champ de l’exécution. ANA ne se contente pas d’introduire un nouveau siège en classe Affaires sur ses Boeing 787-9. Avec The Room FX, la compagnie japonaise prolonge une réflexion entamée avec succès sur le 777-300ER, tout en adaptant son ADN premium aux contraintes et aux opportunités d’un avion de gabarit intermédiaire.
Une déclinaison assumée de « The Room », pensée pour le Dreamliner.
Présenté comme une évolution directe de The Room, le nouveau produit baptisé « The Room FX » (pour Future Experience) a été conçu en partenariat avec Safran Seats et le cabinet de design Acumen. L’objectif n’était pas de copier-coller un concept pensé pour le 777, mais de le réinterpréter intelligemment pour le 787.
ANA annonce 48 sièges de classe Affaires, répartis sur 12 rangées en configuration 1-2-1, avec une alternance de sièges orientés vers l’avant et vers l’arrière, chacun disposant d’une porte privative. Une densité maîtrisée, volontairement inférieure à celle que l’on observe chez de nombreux concurrents sur le même appareil.
Un siège « no-recline » : pari audacieux, mais cohérent.
À l’image du produit introduit par Finnair, The Room FX adopte un concept sans inclinaison traditionnelle. Ici, le dossier ne bascule pas : le passager glisse progressivement dans une position allongée, via une architecture de type sofa modulable.
ANA décrit une configuration pensée pour multiplier les postures de détente, davantage inspirée d’un salon que d’un fauteuil classique. Le lit atteint 194 cm (76,5 pouces) de long, pour une largeur maximale annoncée de 105 cm (41,5 pouces), des dimensions particulièrement généreuses pour un 787.
Ce choix ne plaira pas à tous. Certains voyageurs restent attachés au geste instinctif de l’inclinaison. Mais il traduit une volonté claire : privilégier l’espace perçu, la liberté de mouvement et la stabilité, plutôt que la mécanique traditionnelle du siège.
Technologie et ergonomie : ANA soigne les fondamentaux.
Sur le plan technologique, ANA ne déçoit pas. Chaque suite est équipée d’un écran HD de 24 pouces, compatible Bluetooth, accompagné d’une connectique complète : USB-A, USB-C, prise secteur et recharge sans fil.
L’espace de rangement a été particulièrement travaillé, point souvent négligé sur les Dreamliner. ANA semble avoir compris que, sur des vols long-courriers parfois très longs, le confort d’usage compte autant que le confort du siège lui-même.
Calendrier de déploiement : une montée en puissance progressive.
C’est précisément sur ce point que l’annonce prend aujourd’hui tout son sens.
Le premier Boeing 787-9 équipé de The Room FX est attendu en août 2026, avec trois appareils en service d’ici la fin de l’année. À terme, ce sont 35 Boeing 787-9 internationaux qui sont concernés, auxquels s’ajoutent 27 appareils encore en commande.
Côté configuration globale, ANA assume un léger sacrifice capacitaire :
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La réduction concerne exclusivement la classe Economy
Un signal clair : la montée en gamme ne se fait pas à footprint constant, et ANA accepte d’arbitrer en faveur du produit.
Une lecture stratégique plus large.
Ce qui frappe avec The Room FX, ce n’est pas seulement la qualité intrinsèque du siège, mais la cohérence de la démarche. Là où certaines compagnies multiplient les concepts sans réelle continuité, ANA affine patiemment une signature.
Certes, le 787 n’offrira probablement jamais la sensation d’espace absolu du 777-300ER équipé de The Room original. Mais la compagnie aérienne nippone semble avoir trouvé un équilibre crédible entre contraintes structurelles et ambition premium. Dans un marché où la classe Affaires tend parfois à s’uniformiser, ANA persiste à différencier par l’espace, la sobriété et la lisibilité de l’expérience.
Conclusion.
Avec The Room FX, ANA ne cherche pas à créer un effet de surprise, mais à consolider une vision produit. Le choix d’un siège no-recline, l’acceptation d’une densité réduite, et un calendrier de déploiement réaliste témoignent d’une stratégie mûrie, orientée exécution plutôt que communication. Reste désormais à juger ce produit en conditions réelles, une fois en service. Mais sur le papier, ANA confirme qu’elle reste l’un des rares transporteurs à penser la classe Affaires comme un véritable espace de vie, et non comme une simple optimisation de cabine.
Et vous, que pensez-vous de cette évolution « no-recline » en classe Affaires ? Progrès réel ou compromis discutable ?
Julien.
Hat tip à One Mile At A Time, qui a relayé les premières informations détaillées sur ce calendrier.




