Les errements informatiques permettent souvent de faire efficacement la part des choses entre le discours marketing mensonger et la réalité du traitement des passagers, même les plus fidèles, des grandes compagnies aériennes.

Après les mensonges, la mise en application.

C’est une capture d’écran postée sur le forum FlyerTalk qui permet de faire (enfin !) la lumière sur des mois d’explications douteuses de la part d’Air France – KLM, puisqu’il s’agit bien d’elles qui contrôlent le programme de fidélité Flying Blue.

Il apparaît de manière claire et précise qu’à partir du 1er mai 2018, le gain de miles-award ne sera plus indexé sur la distance parcourue, mais sur les dépenses engagées par le client.

Une manière simple et efficace de mettre un terme, dans les faits, à l’utilisation de ces miles pour réserver des billets d’avion, le gain étant très largement réduit dans ce cas de figure.

Suivre bêtement les compagnies américaines.

Flying Blue, et donc Air France- KLM, font donc le choix de suivre les pas de Delta ainsi que ceux de United et d’American Airlines qui ont mis en place ce système particulièrement injuste il y a quelques années.

Non content de tourner définitivement le dos aux clients malgré un signal assez clair lancé l’été dernier à l’initiative des trois médias The Travelers Club, Flight Report, et Travel Guys, le groupe de compagnies qui encadrent Flying Blue a décidé de suivre ses consœurs américaines.

Le « revenue-based » est une indexation du gain de miles en fonction du statut obtenu chez la compagnie aérienne. Chez Delta5 miles par dollar sont attribués pour un membre sans statut, puis 7 miles pour un membre Silver, 8 miles pour un membre Gold, 9 miles pour un membre Platinum, et enfin 11 miles pour un membre Diamond.

Les taux sont rigoureusement identiques chez United, qui avait marché mimétiquement dans les pas de Delta.

Enfin American Airlines qui a suivi la triste marche américaine en août 2016.

Des clients laissés pour compte.

91% des voyageurs fréquents expliquent que la fidélité à une marque se mesure à l’aune des préférences plutôt qu’en fonction des dépenses engagées ?

 

Flying Blue s’en moque.

Plus de 80% des clients fréquents Flying Blue sont prêt à quitter le programme si celui-ci basculait en revenue-based ?

Flying Blue les y encourage.

Les 4/5èmes de ces clients ne dépenseront pas davantage si le programme ne prenait en compte que leurs dépenses ?

Flying Blue ne s’intéresse pas à leur sort.

Quels gains ?

Concrètement, sur une ligne telle que Paris – New-York.

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Classe Economy.

Actuellement, cette ligne de 3 600 miles de distance permet de gagner un minimum de 1 800 miles avec un aller-retour en Economy sans statut. À partir du 1er mai 2018 et l’entrée en vigueur de ce nouveau système, il faudra pour un membre Ivory débourser un minimum de 567 EUR – soit 463 EUR hors taxes multiplié par 4 – afin d’obtenir le même nombre de miles.

Un tarif qu’il faudra donc majorer de 42% par rapport au tarif promotionnel que l’on retrouve souvent, à partir de 399 EUR sur cette ligne, et qui est le plus souvent convoité par les membres Flying Blue n’ayant pas de statut élevé.

Classe Business.

Sur CDG-JFK, le gain est actuellement de 9 000 à 12 600 miles selon la classe de réservation puisque c’est le distance qui est prise en compte.

Avec un prix d’appel à 1 890 EUR, soit 1 743 EUR hors taxes, le gain de miles sera de seulement 6 970 miles pour un membre Ivory. Les membres Platinum tireront parfois leur épingles du jeu puisque sur ce type de tarif, le gain sera de 14 000 miles, soit un montant supérieur aux 175% gagnés en classe J.

Conclusion.

Flying Blue tourne le dos aux désirs de ses clients.

Oui, en augmentant largement ses dépenses, les gains seront supérieurs. Mais le programme de fidélité se méprend quand elle imagine que c’est ce qu’attendent ses clients. Après avoir dévalorisé sa charte d’utilisation de miles à de multiples reprises, Flying Blue s’attaque à présent à la manière de gagner ces précieux points de fidélité.

A termes ? Il semble que ce groupe de compagnies SkyTeam ait fait un choix clair : celui de détourner les dépenses de ses clients depuis les achats de billets d’avion vers des services tierces comme l’achat de franchises bagages, l’accès salon, ou un siège intéressant à bord des avions.

En clair : assumer un positionnement de moins en moins premium et un attrait certain vers les modèles venus du low-cost comme la vente de produits annexes…

Toutes nos félicitations ! 😉

Tyler.

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