L’État italien, qui a récemment décidé de renationaliser la compagnie aérienne nationale, a d’ores et déjà annoncé l’arrivée d’une nouvelle Alitalia dès le mois de juin 2020.

Credit : Remo Casilli

De nombreuses zones de turbulence.

Le quotidien d’Alitalia a souvent été compliqué.

C’est en 2015 que la compagnie aérienne italienne se rapproche d’Etihad Airways, consécutivement à la création de la Società Aerea Italiana (SAI). Le dépôt de bilan de la Compagnia Aerea Italiana (CAI) la veille s’était accompagné de la suppression massive de postes, aussi bien au sol que chez les navigants.

Etihad Airways, qui détenait 49% des parts de l’entreprise gestionnaire d’Alitalia, n’a eu de cesse d’imposer son style afin de permettre à l’italienne de reprendre des couleurs.

Mais à la mi-2017, la compagnie d’Abu Dhabiconfrontée également à un grave problème de financement, a pris la lourde décision de mettre un terme à son investissement italien.

Etihad Airways ne sera jamais parvenue à faire d’Alitalia un investissement profitable.

Depuis le désengagement d’Etihad, le gouvernement italien, actionnaire, cherche désespérément un repreneur pour sa compagnie aérienne.

Sans succès.

La renationalisation.

La crise du coronavirus aura eu raison des potentiels nouveaux actionnaires privés si bien que le gouvernement italien qui, compte tenu de la situation économique complexe dans laquelle Alitalia se trouvait, s’est décidé à la mi-mars 2020 à lui apporter son aide.

Ainsi, ce dernier a annoncé le 17 mars 2020 les différentes aides qu’il entendait fournir aux entreprises nationales dont une enveloppe de 600 millions d’euros de financement supplémentaire pour Alitalia. Le Ministère de l’Économie entendait ainsi former une nouvelle entreprise publique afin de gérer la compagnie aérienne.

Une nouvelle Alitalia dès juin 2020.

Hier, le Ministre italien de l’Industrie, Stefano Patuanelli, a dessiné les contours de la nouvelle Alitalia.

Ainsi, la nouvelle compagnie aérienne fera ses début en juin 2020. Cette dernière absorbera 100% de l’ancienne.

Par ailleurs, et contrairement à ce qui était attendu, la nouvelle Alitalia débutera ses opérations avec une flotte (moyen et long-courriers) de 90 appareils contre 113 aujourd’hui. Des voix s’élevaient pour imposer à la nouvelle compagnie aérienne une flotte de seulement 30 avions. Le gouvernement a donc décidé de ne pas suivre les préconisations des différents rapports d’observation.

À compter des prochaines semaines, la nouvelle compagnie aérienne travaillera en étroite collaboration avec les syndicats du personnel pour s’assurer que le plus de salariés possibles reprendront leur fonction au sein de la nouvelle structure. Si l’État italien décide d’investir, c’est également pour sauver les emplois.

Néanmoins, malgré ces premières annonces, Stefano Patuanelli n’a pas précisé si la nouvelle Alitalia resterait nationalisée sur le long terme ou si elle serait revendue, dès que ses finances le permettront, à des investisseurs privés.

Conclusion.

La nouvelle Alitalia, oui, mais sur le papier seulement.

Au fond, rien ne changera dans les faits si ce n’est une flotte d’avion légèrement allégée.

En revanche, forte du soutien de l’État italien, la compagnie aérienne n’est, pour l’instant, plus en danger. Attention cependant, ce n’est pas un chèque en blanc ! 😉

Tyler.

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