En juin 2017, l’Arabie Saoudite, le Yémen, les Émirats Arabes Unis, le Bahreïn, et l’Égypte ont stoppé les relations diplomatiques qu’ils entretenaient avec le Qatar afin d’isoler la péninsule au coeur de la région. Cette rupture, basée sur de multiples prétextes remis aujourd’hui vivement en question, a notamment eu comme premières conséquences, pour Qatar Airways, l’interdiction d’emprunter les couloirs aériens survolant les territoires concernés ou d’opérer des liaisons aériennes économiquement très rentables depuis et vers Doha. Nous avions déjà eu l’occasion d’évoquer le blocage 10 et 20 mois après son commencement.

 

 

À l’occasion de l’édition 2019 du Trinity Forum qui s’est tenu pour la première fois à Doha, Son Excellence Akbar Al Baker, Président-directeur général du Groupe Qatar Airways, est revenu brièvement sur le différent diplomatique qui oppose la coalition de pays au Qatar, mais également sur la très grande solidité de la compagnie aérienne nationale malgré le blocage illégal de la péninsule.

Crédit : Qatar Airways

Une crise sans précédent à l’origine d’un réveil national.

Si le Qatar a conservé d’excellentes relations avec des partenaires salutaires à l’instar de l’Iran, de la Turquie ou encore d’Oman, ce sont 18 vols régionaux qui ont été immédiatement suspendus par la compagnie à l’oryx au lendemain de l’annonce du blocage.

Outre l’avènement de relations diplomatiques complexes et l’arrêt des dessertes entre Doha et les plateformes aéroportuaires des pays anciennement alliés, la compagnie nationale a été contrainte d’organiser des vols charter de retour pour les ressortissants du Qatar qui ont été confrontés à une obligation de quitter les cinq territoires concernés sous 14 jours.

Akbar Al Baker, à l’occasion de sa prise de parole, a confirmé avoir été surpris par cette action menée par des pays frères en rappelant que le Qatar ne soupçonnait pas que ces États puissent nourrir un tel projet.

« Au début, cela a été un véritable choc puisque cela a été fait par des personnes qui, selon nous, faisaient partie de notre grande famille du GCC. Nous n’avions jamais imaginé que ces États pouvaient nourrir un tel projet vicieux contre un petit pays comme le Qatar. » – Akbar Al Baker, Président-directeur général du groupe Qatar Airways.

Indépendamment des conséquences du blocage sur les opérations de Qatar Airways, c’est le pays tout entier qui a été contraint de se réorganiser – avec cependant toujours une confiance renouvelée du peuple qatari envers ses dirigeants.

Crédit : The Travelers Club

Akbar Al Baker, à l’occasion de ses multiples interventions sur le sujet, n’a eu de cesse de rappeler que les qataris sont un peuple composé d’hommes et de femmes fiers, courageux, et sereins. Il a en outre précisé que l’action menée par la coalition des pays alliés a, selon ses termes, échouée et que le Qatar n’en est ressorti que plus fort.

« Le monde entier a pu voir qu’ils ont échoué, que le Qatar n’a été que plus fort et que cette campagne de désinformation n’avait que pour but de prendre nos ressources et de porter atteinte à nos investissements. (…) En résumé, je ne peux dire qu’une chose, à savoir qu’il s’agit d’une victoire pour mon pays. C’était pour nous le réveil parfait. » – Akbar Al Baker, Président-directeur général du groupe Qatar Airways.

Qatar Airways conserve son rôle de leader.

Pour mémoire, une semaine à peine après le début du blocage, Akbar Al Baker annonçait déjà sur Al Jazeera les détails du solide plan B de Qatar Airways afin de poursuivre son développement.

Ainsi, Qatar Airways s’est rapidement adaptée aux évènements et a redéployé sa flotte vers de nouvelles destinations. Depuis le début du blocage, la compagnie nationale a ouvert pas moins de 24 nouvelles routes. Aujourd’hui, la compagnie aérienne dessert plus de 160 destinations à travers le monde depuis son hub de Doha.

« Nous avons perdu 18 destinations en une nuit et un marché de 1,75 milliard de dollars, mais nous n’avons pas pour autant freiné notre expansion. Ainsi, nous avons remplacé les 18 destinations perdues par 24 nouvelles destinations et avons continué à recevoir de nouveaux avions. De plus, nous avons également continué à planifier notre expansion future. » – Akbar Al Baker, Président-directeur général du groupe Qatar Airways.

Le Président-directeur général du groupe Qatar Airways n’est, à juste titre, pas tendre avec les pays à l’origine du blocage illégal.

« Ces fous ont commencé à bloquer mon pays lorsque le nouvel aéroport est devenu opérationnel dans le but de porter atteinte à Qatar Airways. » – Akbar Al Baker, Président-directeur général du groupe Qatar Airways.

Dès juin 2017, Akbar Al Baker précisait sur Al Jazeera que ces pays subiraient également les conséquences du blocage imposé au Qatar. Il semblerait que, plus de deux ans après, sa vision se soit confirmée.

« Que leur est-il arrivé ? Vous pouvez voir la récession sur leurs marchés. Vous pouvez voir ces compagnies aériennes qui réceptionnent de nouveaux avions mais qui les envoient directement en stockage tandis que Qatar Airways pousse à la fois Boeing et Airbus à continuer de nous livrer. Cela montre que toutes les stratégies adoptées par mon pays sont de véritables succès. » – Akbar Al Baker, Président-directeur général du groupe Qatar Airways.

Crédit : Qatar Airways

La porte est-elle toujours ouverte ?

Le Qatar n’a pas fermé la porte aux pays à l’origine du blocage. Néanmoins, Son Excellence Akbar Al Baker est persuadé que l’Arabie Saoudite, le Yémen, les Émirats Arabes Unis, le Bahreïn, et l’Égypte ne savent pas comment solutionner ce conflit dont ils sont à l’origine.

« Le problème c’est qu’ils ont abattu toutes leurs cartes et qu’ils ne savent pas comment faire machine arrière. En diplomatie, il ne faut jamais abattre toutes ses cartes et toujours se ménager une porte de sortie. Alors maintenant, bon courage à eux ! Nous, nous serons toujours là. » – Akbar Al Baker, Président-directeur général du groupe Qatar Airways.

Ce dernier a, en outre, rappelé que son pays ne nourrissait aucune malveillance à l’encontre de qui que ce soit et que tout pas en avant de la coalition serait positivement accueilli.

« Si nos voisins font un pas vers nous, nous réagirons par mille pas en avant vers eux. » – Akbar Al Baker, Président-directeur général du groupe Qatar Airways.

Conclusion.

Les échéances sont nombreuses pour le Qatar qui semble poursuivre son développement sereinement malgré le blocage de la péninsule qui se poursuit depuis juin 2017.

Récemment, Akbar Al Baker, en charge également du développement de l’aéroport international Hamad a annoncé une extension considérable de ce dernier afin d’accueillir dans des conditions optimales les visiteurs de la coupe du monde de la FIFA de 2022.

Crédit : Hamad International Airport

Par ailleurs, à cette occasion, le Président-directeur général du groupe Qatar Airways, a aussi annoncé la rénovation en cours de l’ancien aéroport international de Doha devant permettre de soutenir l’augmentation considérable de la fréquentation en novembre et décembre 2022.

Tant de projets qui montrent que le Qatar et Qatar Airways ont su résister.

Tyler.

 

x
BoardingArea