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Hier soir, l’annonce a fait l’effet d’une bombe en cette période de doutes quant au futur déconfinement du 11 mai 2020. Le journal télévisé de France 2, présenté par Laurent Delahousse, a révélé qu’Air France ne semblait pas respecter l’ensemble des mesures de sécurité sanitaire à bord de ses avions. En cause : l’épineuse question de la distanciation sociale que la compagnie aérienne tricolore ne serait pas en mesure d’assurer sur tous ses vols moyen-courriers.

Crédit : PlaneSpotters.net

L’argument économique primerait-il sur la sécurité des passagers ?

Aujourd’hui, les voix s’élèvent en faveur du maintien de la distanciation sociale mais également du port du masque, y compris lorsque le déconfinement sera entré en vigueur à la mi-mai. Les transports en commun sont au coeur des interrogations de nombreux français qui craignent, à juste titre, pour leur santé une fois que les restrictions de déplacement seront levées.

Si la SNCF applique avec brio l’espacement requis entre les voyageurs à bord de ses trains qui nécessitent une réservation obligatoire (en ne commercialisant qu’un siège sur deux notamment), Air France serait, selon la chaîne télévisée du service public, moins régulière dans l’observation de cette règle sanitaire élémentaire.

Une journaliste de France 2 s’est envolée pour Marseille au départ de Paris et dresse un constat sans appel : les mesures de distanciation sociale seraient, aujourd’hui encore, oubliées par la compagnie aérienne tricolore.

« Moi, comme d’autres passagers, avons été assez étonné de voir que le vol était complet. Tous les fauteuils étant occupés, impossible de respecter le mètre de distance entre les passagers.

La promiscuité était importante, peu de personnes portaient un masque, et le contraste était d’autant plus édifiant que quelques minutes avant d’embarquer (…) tout était plutôt bien organisé dans l’aéroport avec des marquages au sol pour rester à bonne distance.

(…) les compagnies aériennes ne sont pas tenues d’appliquer ces règles à bord et elles tentent de remplir le peu d’avions qui peuvent encore décoller.

De son côté, Air France nous assure tenter de mettre en place ces règles lorsque l’avion n’est pas plein et dit réfléchir à une autre configuration dans les semaines à venir.

Pour l’heure, il n’est pas question de mettre en vente, par exemple, un siège sur deux, comme le fait déjà la SNCF pour les quelques TGV en circulation. » – Charlotte Gillard, journaliste pour France Télévision.

Vous pouvez visionner l’interview de la journaliste, agrémentée d’images, en cliquant ici (à partir de la 22ème minute).

La journaliste avait, plus tôt dans la matinée, publié l’information sur ses réseaux sociaux.

 

 

De son côté, le Professeur Jean-François Delfraissy, Président du Conseil Scientifique COVID19, interrogé quant à la mise en oeuvre approximative des mesures sanitaires par Air France affirme « regretter profondément » l’attitude de la compagnie aérienne.

« Si, je le regrette profondément. (…) L’offre de transport, qui doit être organisée à la sortie du confinement, doit être au niveau de la demande de transport. (…) » – Jean-François Delfraissy, Président du Conseil Scientifique COVID19.

Malgré le renforcement de mesures sanitaires promises par Anne Rigail, la compagnie aérienne semblerait privilégier la rentabilité de ses vols plutôt que la sécurité sanitaire totale de ses passagers à bord, selon le journal d’information de France 2.

Ainsi, les mesures de distanciation sociale ne seraient prises par Air France que si et seulement si le remplissage du vol le permet.

« Vous le savez, la sécurité des vols, votre sécurité et celle de nos personnels ont toujours été notre priorité. Depuis l’apparition du Covid-19, nous avons mis en place des mesures de nettoyage et de désinfection complémentaires et renforcées, au sol comme à bord. Nos zones d’enregistrement et d’embarquement ont été réorganisées pour prendre en compte notamment la distanciation sociale recommandée. Sur tous nos vols, dans toutes nos cabines, nous avons adapté, simplifié notre service pour limiter au maximum les interactions et les contacts. » – Anne Rigail, Directrice générale d’Air France.

Crédit : Air France

Conclusion.

En Europe, l’exemple d’Air France contraste allègrement avec le comportement de Lufthansa, par exemple. En effet, la compagnie aérienne allemande a, depuis plusieurs semaines, décidé de neutraliser le siège central sur l’ensemble de sa flotte moyen-courrier afin de respecter le mètre requis entre les passagers, y compris en cabine Economy.

En France, la SNCF n’ouvre qu’un siège sur deux sur ses trains à grande vitesse où la réservation est obligatoire. Si le rail peut le faire, l’aérien devrait pouvoir être en mesure de le faire également.

Quoi qu’il en soit, le stricte respect des mesures de sécurité sanitaire doit être une nécessité et non une option.

Tyler.

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