Cette histoire tout droit venue d’Islande nous laisse à penser que l’espoir demeure pour les compagnies aériennes confrontées à des situations similaires de mise en faillite et de cessation d’activité. Souvenez-vous, c’était en mars 2019, lorsque WOW Air, dont la situation économique était toutefois inquiétante depuis plusieurs mois, cessait sans préavis l’ensemble de ses opérations aériennes, laissant par la même occasion des milliers de voyageurs sans titre de transport leur permettant de regagner leur point de départ.

Pour le monde, WOW Air représentait, avec Norwegian, l’avènement des vols transatlantiques à très bas prix mais aussi et surtout, pour nous français, la possibilité de rejoindre New York depuis Paris pour 140 EUR l’aller – simple seulement. Cependant, malgré un modèle économique bien rodé, où les passagers sont invités à payer pour chaque option ajoutée à la réservation, WOW Air avait accumulé d’importantes dettes, au point de ne pas parvenir à trouver un accord avec ses investisseurs le 28 mars 2019.

 

 

Reprise des opérations.

USAerospace Associates, par la voix de sa Présidente Michele Ballarin lors d’une conférence de presse qui s’est tenue à Reykjavik, a annoncé la reprise effective des actifs de la compagnie aérienne islandaise, WOW Air.

Crédit : mbl.is/Kristinn Magnússon

La compagnie islandaise devrait reprendre ses activités de transporteur aérien à compter du mois prochain, en octobre 2019.

Initialement, WOW Air, qui conservera pleinement son identité de marque, débutera ses opérations avec 2 appareils. L’été prochain, la compagnie aérienne pourra compter sur une flotte de 6 avions avant de tourner, à plein régime, avec une douzaine d’appareils. Il s’agit, pour ce nouvel investisseur, du seuil de rentabilité de WOW Air.

C’est Washington qui a été retenue comme première destination transatlantique de la compagnie aérienne.

Quant à sa typologie de flotte, USAerospace Associates ne semble pas être parvenue à se décider entre Boeing et Airbus. Il est ainsi possible que ces deux avionneurs coexistent chez WOW Air (ce qui, à mon sens, demeure absurde compte tenu de la petite taille de la flotte souhaitée par la compagnie islandaise).

La société de Michele Ballarin met 85 millions de dollars sur la table afin de permettre à la nouvelle WOW Air de fonctionner. La compagnie aérienne sera cependant détenue à hauteur de 51% par des actionnaires islandais afin de pouvoir opérer sur le sol européen. Les 49% restant seront dévolus à USAerospace Associates.

Il faut dire que la fortune personnelle de la femme d’affaires américaine n’est plus à prouver.

Vous pouvez (re)découvrir la conférence de presse en visionnant la vidéo ci-dessous.

À la suite de cette interview, on s’interroge cependant sur le nouveau modèle économique de WOW Air tant les affirmations de Michele Ballarin paraissent en totale opposition avec l’ADN même d’une compagnie aérienne low cost.

En effet, la Présidente de USAerospace Associates prévoit de travailler avec un chef étoilé au Michelin afin de concevoir l’offre de restauration à bord et ainsi permettre aux voyageurs de mieux manger en avion. Par ailleurs, cette dernière insiste sur la nécessité de proposer à tous les passagers, qu’ils voyagent en classe avant ou en Economy, un accès à un salon d’aéroport afin de patienter pendant les correspondances ou dans l’attente de leur vol. Pour mémoire, Bangkok Airways propose un système identique : tous les passagers Economy accèdent à un salon avant leur vol. Plus qu’un véritable lounge, il s’agit surtout d’un espace isolé, avec quelques rafraichissements.

Comment WOW Air 2.0 fonctionnera t-elle ? Nous en saurons certainement plus lors de la future présentation du produit.

Conclusion.

Les hésitations quant à la reprise des actifs de WOW Air par USAerospace Associates ont été nombreuses. Il semblerait que les doutes qui existaient dans l’esprit de Michele Ballarin ait été levés.

Le montant de la transaction n’a pas été révélée, ni par l’Islande, ni par l’investisseur.

Lorsque WOW Air a, en mars dernier, mis la clef sous la porte, l’économie nationale s’en est également trouvée affectée. Un dommage collatéral, le tourisme en Islande a reculé de près de 20% au deuxième trimestre de cette année par rapport à l’année précédente. À noter également que le nombre de vols à l’aéroport de Reykjavik a diminué de 29% entre avril et juin 2019 selon Isavia, le gestionnaire des aéroports islandais.

Tyler.

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