Programme de fidélité

[PROGRAMME DE FIDELITE] Cathay Pacific : une utilisation opportune du système « Avios & money »

Publié par Tyler Birth

Introduction
Le contexte 

Avec un soupçon de veille tarifaire, de recherches approfondies et surtout d’une bonne dose de chance, il est parfois possible de bénéficier d’un tarif aérien avantageux. J’ai notamment eu l’occasion d’évoquer les avantages tarifaires accordés à un marché géographique dans cet article portant sur la promotion Qatar Airways au départ du Caire.

Mais parfois, les compagnies aériennes peuvent vous faire profiter d’un tarif vraiment très avantageux, à leurs dépens. C’est le cas des mistake fares. Certains sont d’ailleurs devenus mythiques et la presse s’en est largement fait l’écho. À la grande différence du market fare, le mistake fare n’a pas été décidé par la compagnie aérienne mais résulte d’erreurs. Ces erreurs conduisent parfois la compagnie à revenir sur la vente du billet.

J’ai bénéficié d’un tarif en aller simple au départ de Bangkok et à destination de l’Europe extrêmement avantageux. Si le fait de préciser le tarif de ce billet Business serait indécent, son CPM est  quant à lui fixé à 0,018 cts EUR. Ce billet me conduira jusqu’à l’aéroport de Rome Fiumicino.

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En date du 17 mai 2015, le vol en aller simple au départ de Bangkok et à destination de Paris CDG est opéré par Air France et le vol à destination de Rome l’est par Alitalia.

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Plusieurs possibilités s’offraient à moi pour m’acheminer à Bangkok. Je pouvais faire le choix d’intégrer ces allers simples à un routing déjà existant ou d’intégrer ces vols lors de la constitution d’un routing plus complexe, à l’achat ou en miles.

Le « désavantage » du mistake fare s’il fallait en nommer un serait sans nul doute son caractère inopiné. L’intégrer à un routing existant m’était donc impossible, mon programme de vol étant fixé et arrêté jusqu’au mois de septembre 2015.

La plage disponible pour effectuer un vol d’acheminement à destination de Bangkok était, par conséquent, restreinte.

L’acheminement I
Un choix nécessaire

C’est parfois plus compliqué.

Je pouvais faire le choix d’acquérir un billet, en aller simple à destination de l’Asie. Si certaines compagnies aériennes proposent des tarifs corrects en aller simple, d’autres – et elles sont nombreuses – proposent des tarifs exorbitants.

Prenons l’exemple d’un aller simple en Business à destination de Bangkok en date du 12 mai 2015.

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Il aurait été inopportun d’économiser d’un côté et de dépenser plus que de raison de l’autre.

En outre, l’un des avantages des mistake fares reste le cumul de miles à moindre coût.

Il aurait inconscient de gagner des miles d’un côté et d’être dispendieux plus que de raison de l’autre.

Sans perdre de vue la période restreinte pendant laquelle il m’était possible de réserver mon acheminement à Bangkok, l’impasse semblait proche.

Si le programme de la compagnie British airways, membre de l’alliance oneworld, demeure encore un programme intéressant malgré les modifications récentes qui lui seront apportées dès le 28 avril 2015, il permet aussi l’acquisition de billets primes sous l’égide du système « Avios & money ». Ce système permet l’obtention d’un billet prime sans pour autant siphonner sa cagnotte d’Avios et moyennant quelques euros complémentaires.

À noter que l’ensemble des compagnies de l’alliance oneworld n’utilisent pas ce système. Parmi celles qui l’utilisent, la compagnie Cathay Pacific emporte ma préférence pour ce vol d’acheminement.

De fait, je fais le choix délibéré de m’acheminer via Hong Kong.

L’acheminement II
Sous le joug des disponibilités 

Mes exigences sont simples – ou presque :

  • Un billet First ;
  • Opéré par la compagnie Cathay Pacific ;
  • Vers l’Asie ;
  • Entre le 10 et le 13 mai 2015 ;
  • De plus de 11 heures ;
  • À moins de 60 000 Avios et dans la limite de 500 EUR.

Au départ de Paris CDG, ce sont les disponibilités qui manquent sur la période souhaitée puisqu’aucun billet prime n’est disponible entre le 10 et le 13 mai 2015.

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Au départ de Londres LHR, ce sont également les disponibilités qui demeurent introuvables sur la période souhaitée dans la classe de réservation exigée puisque, au mieux, seule une place en Business est disponible sur le vol CX254 le 10 mai 2015.

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Le réseau Cathay Pacific comprend 10 villes européennes où la compagnie hongkongaise opère en vol direct jusqu’à son hub asiatique. Outre Paris et Londres, CX opère depuis Manchester, Amsterdam, Dusseldorf, Frankfort, Milan, Rome, Moscou et Zurich.

Zurich ressort comme la solution la plus adaptée à mes critères.

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 Ainsi, au départ de cet aéroport, je retrouve les éléments suivants :

  •  Un billet First ;
  • Opéré par la compagnie Cathay Pacific ;
  • Vers l’Asie ;
  • Entre le 10 et le 13 mai 2015 ;
  • De plus de 11 heures ;

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Là où il m’était impossible de trouver une seule disponibilité ailleurs, ZRH m’offre une quantité importante de billets primes disponibles, en Premium, Business et First.

Mais à quel prix ?

L’acheminement III
Avios & money : dépenser pour mieux économiser

Le prix d’appel, non « négocié » est fixé à 90 000 avios et 56 EUR.

Tâchons de conserver des Avios pour d’autres projets futurs et ainsi descendre la quantité demandée en augmentant la partie payante du billet.

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Mais quelle est la meilleure façon de procéder ?

Trois éléments sont, à mon sens, à prendre en considération :

  • Le CPM* 
  • Le montant d’Avios que l’on est psychologiquement capable de dépenser ;
  • Le complément tarifaire que l’on est en mesure d’accorder à ce billet prime.

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Le calcul du CPM, s’il ne diffère pas dans la forme, est – légèrement – plus compliqué à saisir.

En effet, avec cette procédure « Avios & money », la Compagnie aérienne va, en quelque sorte, vendre des Avios pour compléter le montant demandé en « appel », hors négociation.

Reste ainsi à connaître le montant unitaire de cette vente afin d’être certain qu’il s’agisse d’une bonne affaire et s’il n’est pas préférable de dépenser le montant maximum d’Avios demandé en réduisant la part financière de la transaction.

Une fourchette est proposée au passager. Pour ce vol, il est possible de négocier la dépense d’Avios entre 90 000 et 45 000 et le complément tarifaire entre 56,49 EUR et 741,49 EUR.

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Le différentiel entre les deux montants opposés demandés s’élève à 45 000 Avios et à 685 EUR.

                                               CPM = 685 EUR / 45 000 Avios = 0,015 cts EUR. 

Dans cet article, je vous conseillais vivement de profiter d’une promotion British Airways octroyant un bonus de 50% en cas d’achat d’Avios. Le CPM avait été calculé à 0,012 cts EUR. Nous sommes ici dans le même ordre de grandeur, à savoir, un Avios facturé 1 cts EUR.

Ce CPM reviendrait à penser que, sur ce vol, la vente d’Avios se fait au coût unitaire promotionnel.

L’affaire est belle !

Ainsi, seuls les deux derniers éléments sont désormais à prendre en considération pour effectuer le choix final :

  • Le montant d’Avios que l’on est psychologiquement capable de dépenser ;
  • Le complément tarifaire que l’on est en mesure d’accorder à ce billet prime.

Mes exigences étaient les suivantes :

Un billet 

  • À moins de 60 000 Avios et dans la limite de 500 EUR.

Aucune offre ne correspond.

Néanmoins et au regard du CPM, j’ai jugé plus opportun de faire une concession sur le montant du complément tarifaire que j’étais prêt à accorder à ce billet. En choisissant de dépenser 54 000 Avios et 606,49 EUR, l’économie est de 36 000 Avios et la dépense supplémentaire de 550 EUR avec un CPM à 0,015 cts EUR. 

Si j’avais été amené à acheter, à titre d’exemple, 36 000 Avios** la dépense aurait été de 697 EUR soit 147 EUR de plus que pour « l’achat » en « Avios & money ».

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Avec un CPM de 0,02 cts EUR, l’offre était donc moins intéressante. 

Depuis Hong Kong, il ne me restera plus qu’à comber le routing par un vol régional entre HKG et Bangkok BKK !

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Il est important de conserver une vue à moyen ou long terme de son programme de fidélité.

Le but principal des points de fidélité est la dépense. Accumuler pour le plaisir d’accumuler sans les dépenser n’a aucune utilité, d’autant plus quand approche l’heure de la dévaluation. Mais la dépense ne doit pas être déraisonné.

Quand la possibilité est offerte de conserver des Avios à un tarif très intéressant comme dans cet exemple du système « Avios & money« , il devient opportun de choisir la dépense la plus adaptée aux projets futurs.

Il est toujours utile de conserver une certaine quantité disponible de miles et Avios.

Parce qu’au fond, qui peut dire de quoi demain sera fait ?

Tyler.

 

** Le nombre d’Avios achetés ou reçus par un membre du BAEC pendant une année civile ne peut pas dépasser 35 000 Avios.

A propos de l'auteur

Tyler Birth

Tyler Birth est blogueur, consultant et accro aux programmes de fidélité des compagnies aériennes et des chaînes hôtelières. Il parcourt les quatre coins du globe, à raison d'une centaine de vols par an en classes "avant" afin de proposer à ses lecteurs des reportages axés sur le secteur du transport aérien et de l'hôtellerie haut de gamme et ainsi en présenter les nouveautés !

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