En février 2019oneworld fêtait en grande pompe ses 20 premières années d’existence à Londres. L’alliance mondiale regroupe à ce jour 15 compagnies aériennes : American AirlinesBritish AirwaysCathay Pacific (et Dragon), FinnairIberiaJapan AirlinesLATAMMalaysia AirlinesQantasQatar AirwaysRoyal Jordanian, S7 AirlinesRoyal Air Maroc et SriLankan Airlines. La conférence de presse qui s’était tenue à cette occasion n’a pas été à l’origine d’une pluie d’annonces transcendantes. Pire encore, comme seul fait véritablement marquant de cet événement, on retient le départ prématuré d’Akbar Al Baker, absent de la traditionnelle photo de famille.

Et pour cause. Le Président-directeur général du groupe Qatar Airways entretient des relations tendues avec l’alliance. Il s’en était alors expliqué à Doha, lors du Sommet aéropolitique organisé par l’Association Internationale du Transport Aérien (IATA). Déjà, par le passé, Akbar Al Baker, avait évoqué ces relations difficiles avec l’alliance oneworld menaçant par la même occasion celle-ci de faire cesser à Qatar Airways ses relations avec elle.

« Les grands garçons n’ont pas besoin d’alliance pour fonctionner » – Akbar Al Baker, Président-directeur général du groupe Qatar Airways.

Si le pragmatique patron de la compagnie de Doha n’envisageait pas explicitement à cette époque l’avenir de sa compagnie aérienne en dehors de oneworld, il n’en demeure pas moins que pour lui, le concept initial d’alliance s’effrite peu à peu.

« Les alliances sont dépassées. Finalement, elles ne permettent aux clients que de profiter de salons d’aéroport communs ou d’utiliser leur miles sur des compagnies aériennes partenaires » – Akbar Al Baker, Président-directeur général du groupe Qatar Airways.

Crédit : The Travelers Club / Do not use without our consent

Coup de tonnerre à Berlin.

En marge du salon ITB, où Qatar Airways dévoilait son nouveau produit en classe Economy, Akbar Al Baker est allé plus loin dans sa réflexion en évoquant, pour la première fois, une échéance.

« À propos de oneworld, ce n’était pas une rumeur, puisque l’information provenait de moi. Nous venons de leur donner un temps de réflexion.

Vous voyez, lorsque vous invitez quelqu’un chez vous, et que vous lui dites qu’il ne peux pas boire de l’eau du verre, qu’il doit boire au robinet, puis que vous lui dites que vous ne lui donnerez pas de nourriture, que vous ne lui donnerez que du pain et de l’eau. Je me dis que ce n’est pas une véritable invitation, et que ce n’est pas pour cela que j’ai accepté d’être invité.

Vous m’avez invité chez vous en tant que personne que vous respectez.

Qatar Airways n’est pas une compagnie aérienne Mickey Mouse. Nous sommes le plus important contributeur ASK (en sièges au kilomètre offert, ndlr) à oneworld si vous ajoutez tous nos investissements. Et si vous supprimez ces investissements, nous sommes le deuxième contributeur d’importance ASK à oneworld.

Et si nous quittons oneworld, nous leur créerons un grand trou dans toute leur connectivité.

Nous ne serons pas intimidés par une personne qui pense que le monde lui appartient. Le monde appartient à la communauté mondiale. Et nous, en tant que compagnie aérienne, nous exigerons le respect, et nous ne nous soumettrons à personne qui tente de nous intimider.

Dans environ un mois ou deux, nous informerons la communauté de notre décision, à savoir si nous allons rester ou nous retirer de oneworld. Et je pense que c’est ce dernier qui arrivera. En effet, depuis les personnes qui nous ont invité à rejoindre oneworld nous ciblent constamment, nous et notre croissance. » – Akbar Al Baker, Président-directeur général du groupe Qatar Airways.

Ainsi, sous 60 jours, Akbar Al Baker devrait confirmer les intentions de sa compagnie aérienne.

Ce n’est pas nouveau : le patron de Qatar Airways s’était déjà senti lésé dans ses relations avec ses partenaires comme évoqué en février dernier.

Crédit : The Travelers Club / Do not use without our consent

Qatar Airways est fortement impliquée au sein de l’alliance du fait de ses multiples participations : British Airways et Iberia avec le groupe IAG, le groupe Cathay (Pacific et Dragon), et LATAM. Son retrait serait incontestablement préjudiciable, autant pour les partenaires de l’alliance que pour les passagers.

La compagnie mettra t-elle ses menaces à exécution ? Tout est possible puisqu’Akbar Al Baker est persuadé qu’il n’a pas besoin d’être intégré à une alliance (du moins cette alliance) pour poursuivre son développement.

Conclusion.

La véritable question qui se pose concerne les véritable attentes d’Akbar Al Baker.

En tant que partenaire de l’alliance, Qatar Airways souhaite sans doute qu’American Airlines et Qantas cessent l’intimidation et agissent véritablement comme des membres d’une même famille.

Deux mois semblent nous séparer d’une décision qui mettra peut être un terme à 6 années de collaboration.

Pour ceux qui utilisent les programmes de fidélité des compagnies partenaires pour voyager avec Qatar Airways, dans le doute, il est temps d’envisager de les consommer ! 😉

Tyler.

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