Dimanche dernier, nous évoquions le cas de Turkish Airlines. La compagnie aérienne turque, qui s’apprêtait à reprendre progressivement la desserte de son réseau, avait fait l’objet de vives critiques quant à sa réduction imminente et massive de son offre de restauration en Business. En effet, Turkish Airlines, jusqu’à présent plébiscitée pour la qualité de son catering aussi bien au sol qu’à bord, avait décidé de remplacer l’ensemble de ses prestations par des boîtes-repas, plus ou moins garnies en fonction de temps de vol. Mais la compagnie aérienne turque est cohérente dans ses changements : elle entendait déployer uniformément (et espérons-le, temporairement) cette nouvelle offre, indépendamment de la prestation. Ce qui ne semble pas être le cas d’Air France, quant à elle déjà rarement saluée pour son offre de restauration, même en période calme.

Crédit : Lectrice de The Travelers Club

Question de lecteur : pourquoi la deuxième prestation Business d’un vol long courrier Air France diffère t-elle autant, en qualité, du dîner servi après le décollage ?

La question nous est parvenue hier. Contactés par une lectrice du blog, la question est finalement sur toutes les lèvres, ou presque.

À la suite d’un voyage en Business entre Los Angeles et Paris, sur un vol régulier (et non un vol de rapatriement), cette cliente payante d’Air France s’est vue remettre un mini-sac contenant la seconde prestation, quelques minutes avant son arrivée à Paris Charles de Gaulle.

« Malgré la situation sanitaire qui a impacté mon rythme habituel de voyage, je suis contrainte de maintenir certains déplacements professionnels. Ainsi, j’ai voyagé jeudi sur Air France entre Los Angeles et Paris en Business, un billet réservé quelques semaines auparavant à, comme d’habitude, un tarif élevé ; le prix à payer pour avoir un vol direct. Je dois bien reconnaître que je n’avais pas voyagé depuis plusieurs semaines sur Air France. Et pourtant je suis une habituée de la ligne. Le vol s’est très bien passé, j’ai reçu un accueil aussi agréable que d’habitude. C’est toujours plaisant d’avoir des hôtesses sympathiques ! Mais j’ai noté plusieurs modifications dans le service dont une est vraiment incompréhensible. Nous n’avons pas eu de service d’apéritif (ni boisson, ni grignotage, ni mise en bouche) d’une part, mais, d’autre part, le petit-déjeuner nous a été proposé sous forme de sac à emporter avec ce qui m’a semblé être venu de la classe Economy. Est-ce parce que le petit-déjeuner a été oublié à Los Angeles (nous n’étions qu’une dizaine de passagers en Business) ? Ou est-ce la nouvelle prestation ? Le vol est pourtant long. Je ne comprends pas bien pourquoi la deuxième prestation Business d’un vol long courrier Air France diffère t-elle autant, en qualité, du dîner servi après le décollage. »

Notre lectrice nous a adressé des photos des deux prestations.

Au départ de Los Angeles

Crédit : Lectrice de The Travelers Club

Crédit : Lectrice de The Travelers Club

*À noter qu’un plat chaud a également été proposé parmi un choix de 4 plats différents.

… à l’arrivée à Paris.

Crédit : Lectrice de The Travelers Club

Crédit : Lectrice de The Travelers Club

Crédit : Lectrice de The Travelers Club

Si la première prestation est sensiblement identique à ce qui est traditionnellement servi par Air France, pourquoi la seconde prestation est-elle si différente ?

Ainsi, sous prétexte de mesures de sécurité sanitaire relatives au coronavirus, Air France, à l’instar de certaines de ses consoeurs, ne chercherait-elle pas plutôt à faire des économies de bout de chandelle sur des prestations qui ne lui coûtent, en définitive, pas grand chose ?

Au moins, Turkish Airlines est cohérente, à défaut de proposer des prestations temporaires de qualité. En effet, sur ses vols supérieurs à 8 heures, la compagnie aérienne a fait le choix de remplacer ses deux prestations par deux boîtes-repas de piètre qualité en arguant sa volonté de limiter le risque de propagation du coronavirus. Turkish Airlines ne propose plus non plus de verre en verre ou encore de couverts en métal pour des raisons identiques.

Air France, quant à elle, fait les choses à moitié.

La première prestation est identique (jusqu’au verre en verre compris et un véritable service de boissons au trolley), la seconde diffère. Lorsque l’on évoque la lutte contre la propagation du virus pour justifier la descente en gamme de la seconde prestation mais que l’on maintien un semblant de standard pour la première prestation, le client est en droit de penser qu’on le prend pour un idiot.

Mais certaines données sanitaires nous échappent-elles peut-être !

Conclusion.

Loin de nous l’idée de nier les compétences évidentes des responsables du produit chez Air France. Mais la situation est tout de même cocasse.

Maintenir son protocole de service à l’identique ou presque pour la première prestation mais ne proposer que l’offre de la classe Economy en Business en guise de seconde prestation, tout en invoquant la lutte contre la propagation du coronavirus, nous semble assez absurde.

Pour mémoire, Air France a également fait le choix de ne proposer aucune prestation sur ses vols inférieurs à 2 heures et 30 minutes, y compris en Business.

Soyons donc rassurés, la compagnie lutte activement (sans toutefois pratiquer la distanciation physique à bord … n’abusons pas des bonnes choses) ! 😉

Tyler.

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