L’Airbus A380 aura très certainement été le plus important dommage collatéral du coronavirus dans le secteur du transport aérien, particulièrement en Europe. Les compagnies aériennes ont rapidement dû faire face à une baisse significative de la demande, compte tenu notamment des mesures gouvernementales qui pèsent sur les déplacements. En réduisant non seulement les fréquences mais aussi les capacités, les acteurs du transport aérien ont été contraints d’immobiliser, à travers le monde, leur super jumbos.

La flotte européenne d’Airbus A380 drastiquement réduite.

En Europe, quatre compagnies aériennes exploitent l’Airbus A380 :

  • Air France
  • British Airways
  • Hi Fly
  • Lufthansa

Afin de faire face à la baisse significative de la demande en transport dès le début de la pandémie de coronavirus, ces compagnies aériennes ont, dans un premier temps, pris la décision d’immobiliser tout ou partie de leur flotte de super jumbos. Des avions aussi gros n’avaient pas besoin de voler avec aussi peu de passagers.

 

 

Très rapidement, nous avons vu naître des plans de rationalisation des flottes excluant ainsi, pour l’avenir proche, l’Airbus A380.

Ainsi, Air France par exemple, avait déjà annoncé l’arrêt progressif de l’exploitation de cette sous flotte. Pour mémoire, la compagnie aérienne tricolore faisait, jusqu’à la fin 2019, voler 10 appareils. Avec un premier avion parti en décembre 2019, Air France se laissait jusqu’à 2022 pour cesser cette exploitation.

En revanche, depuis hier, nous savons désormais que cette dernière se passera immédiatement de ses 9 derniers Airbus A380. Stockés pour l’heure, les super jumbos français ne reprendront jamais, selon la compagnie aérienne, du service.

Crédit : Paul Marais-Hayer / Do not use without his consent

Côté allemand, l’Airbus A380 a également été soumis à la question.

Jusqu’à présent, Lufthansa exploitait 14 Airbus A380.

Durement touchée par la crise du coronavirus, la compagnie aérienne allemande a rapidement dû prendre des décisions importantes pour son avenir. Ainsi, cette dernière a fait le choix d’arrêter prématurément la carrière de plusieurs de ses avions, y compris de super jumbos.

Avec une moyenne d’âge relativement jeune (le premier avion à avoir intégré la flotte était en mai 2010), Lufthansa a mis à la retraite forcée 6 de ses 14 Airbus A380 (soit plus de 40% de sa sous flotte).

Crédit : Lufthansa

Outre-Manche, rien n’a été décidé. Il est très probable que British Airways poursuive l’exploitation de l’Airbus A380. La compagnie aérienne en compte 12 dans ses rangs. Hi Fly, la compagnie portugaise spécialisée dans le wet lease, n’en compte qu’un et entend bien poursuivre son exploitation.

 

 

Ainsi, il est intéressant de constater que d’une flotte européenne de 37 Airbus A380 (les chiffres sont insignifiants en comparaison à ceux d’Emirates par exemple), seuls 20 avions continueront d’être exploités par les acteurs du transport aérien de sa terre natale après la crise du coronavirus.

Selon Forbes, les plans post-pandémie des compagnies aériennes européennes viendront à faire voler :

  • Aucun Airbus A380 chez Air France (iso 10 en 2019)
  • 12 Airbus A380 chez British Airways (iso 12 en 2019)
  • 1 Airbus A380 chez Hi Fly (iso 1 en 2019)
  • 7 Airbus A380 chez Lufthansa (iso 14 en 2019)

Crédit : Will Horton / Forbes

Ce seront, demain, près de la moitié (46%) des Airbus A380 qui cesseront d’être exploités.

Conclusion.

La baisse de la demande est réelle.

Le secteur du transport aérien traverse sa plus importante crise économique, confronté, d’une part, aux limitations voir interdictions de déplacement et, d’autre part, à une véritable crise de confiance.

Les acteurs s’accordent à dire que le niveau d’avant-crise ne sera pas atteint avant 2022 ou 2023.

À titre infiniment personnel, je pense que l’Airbus A380 est sacrifié par la crise du coronavirus. Les compagnies aériennes qui, depuis des mois, envisagent de mettre un terme à son exploitation ont aujourd’hui toutes les cartes en main pour régler définitivement son sort.

À terme, ce superbe avion sera remplacé par des appareils de moins grande capacité, plus performants, autant sur le plan économique qu’écologique (à l’instar d’Airbus A330neo, A350 ou Boeing 777X et 787).

Il va bientôt falloir apprendre à lui … adieu.

Tyler.

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