Il y a quelques semaines de cela, nous avions eu vent de cette rumeur qui grandissait dans les rangs d’Air France. La compagnie aérienne s’apprêtait à se passer définitivement des services de l’Airbus A380. Il faut dire qu’il n’était pas, à cette époque, nécessaire d’être un fin limier pour conclure que les avions stockés ne reviendraient probablement jamais, d’autant plus qu’Air France avait annoncé s’en séparer à l’horizon 2022. C’est désormais officiel : la compagnie aérienne nationale cesse immédiatement l’exploitation de ses Airbus A380 et met un terme, par la même occasion, à l’un de ses plus gros fiasco.

 

 

Voilà, c’est (vraiment) fini.

Air France devient officiellement le premier opérateur de l’Airbus A380 à mettre un terme à l’exploitation commerciale de la totalité de sa sous-flotte. En effet, la compagnie aérienne vient d’annoncer, par un communiqué de presse plutôt sommaire, qu’elle allait procéder au retrait immédiat de ses derniers super jumbos.

Air France a débuté l’exploitation de l’Airbus A380 en octobre 2009. La compagnie aérienne a ensuite été livrée de 9 appareils supplémentaires dont le dernier a été intégré en juin 2014. Depuis cette date, Air France a fait voler 10 super jumbos jusqu’à l’annonce de leur retrait définitif à l’horizon 2022. À noter qu’en décembre 2019, la compagnie tricolore avait déjà mis un terme à la carrière de F-HPJB, le deuxième A380 à avoir intégré la flotte. Pour mémoire, sur les 9 appareils encore en flotte (mais stockés), 5 sont la propriété d’Air France ou en crédit-bail, les 4 autres sont en location d’exploitation.

La compagnie aérienne, qui s’est vue concéder un important prêt (dont une partie a été directement prêtée par l’État) afin de se maintenir à flot pendant la crise du coronavirus, s’est engagée à améliorer nettement son impact environnemental. Ainsi, Air France précise que ce retrait immédiat permet au groupe franco-néerlandais de simplifier sa flotte, de la rendre plus compétitive, mais également d’intégrer des avions plus modernes et plus performants (avec une empreinte carbone améliorée) à l’instar de l’Airbus A350 ou du Boeing 787.

L’impact global de la dépréciation de la flotte d’Airbus A380 est estimé à 500 millions d’euros et sera comptabilisé au deuxième trimestre 2020 en « résultat non courant ».

Crédit : Paul Marais-Hayer / Do not use without his consent

Tristes, oui, ma non troppo

L’Airbus A380 est un superbe appareil. Mais la crise du coronavirus a fortement impacté les compagnies aériennes, confrontées à une baisse significative de la demande en transport, avec une reprise intégrale envisagée dans seulement plusieurs années. Ainsi, cet avion qui permet d’emporter de très nombreux voyageurs sur deux ponts est rapidement devenu trop grand, trop couteux malgré une affection non dissimulée des passagers. L’avionneur européen n’a donc rien à se reprocher si ce n’est d’avoir offert aux acteurs du secteur un formidable outil de conquête des coeurs des voyageurs.

Si certaines compagnies aériennes ont été capables de faire de l’Airbus A380 un vrai vaisseau amiral, Air France s’est toujours satisfaite du minimum pour cet avion. Cette dernière a, dès le départ, fait de véritables erreurs de casting sur les produits proposés à bord.

Aujourd’hui, les cabines sont tout simplement obsolètes, aussi bien en Business qu’en First.

Crédit : The Travelers Club / Do not use without our consent

Les aberrations quant à sa configuration ne manquent pas. Ainsi, il suffit d’évoquer les pertes conséquentes d’espace à bord (à l’instar du musée virtuel situé au pont supérieur) ou encore des sièges dépassés dès leur installation à bord.

Pendant longtemps, Air France a tenté de faire croire qu’elle travaillait assidûment à la réalisation de projet de reconfiguration. Malheureusement, ces retrofits ont été estimés à près de 50 millions d’euros par avion si bien que le projet a été abandonné par Benjamin Smith à son arrivée à la tête du groupe.

Finalement, se passer dès maintenant de ce superbe avion si mal configuré par Air France est peut-être un mal pour un bien ! 😉

Conclusion.

La fin immédiate de l’Airbus A380 d’Air France marque un tournant important dans la vie de la compagnie aérienne tricolore.

Même si je suis, à titre personnel, triste de ne peut-être plus jamais remonter à bord d’un super jumbo aux couleurs d’Air France, je suis rassuré de voir très vite disparaître ces configurations obsolètes, surtout en cabine La Première.

En définitive, la compagnie ne disposait déjà plus que 9 avions positionnés sur un nombre limité de destinations. Et Air France intègre déjà de nouveaux Airbus A350 au sein de sa flotte : l’heure du renouvellement a donc sonné !

Tyler.

x
BoardingArea