IAG fait figure d’exemple dans le ciel européen. Non pas que les produits proposés à bord par les compagnies aériennes du groupe soient exempts de tout reproche, mais surtout parce que leur santé économique est atypique. Malheureusement, le groupe IAG n’échappe pas à la pandémie de coronavirus qui touche de plein fouet l’Europe territoriale. Compte tenu de la crise, British Airways mais également Iberia ont été contraintes de réagir et de mettre en place des mesures rapides pour juguler les pertes.

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Des mesures d’urgence appliquées aux salaires.

La semaine dernière, Alex Cruz s’est adressé à l’ensemble des 45 000 salariés de la compagnie aérienne d’outre-Manche afin d’évoquer la crise qu’elle traverse. Dans sa communication intitulée « The Survival of British Airways » (ou, en français, la survie de British Airways), le Président-directeur général de la compagnie aérienne a précisé que l’entreprise était « sous une immense pression » indépendamment de son solide bilan et de son appartenance à un groupe aérien prospère.

Quelques heures après cette annonce, Willie Walsh, le Président-directeur général du groupe IAG, dont British Airways est l’une des sociétés principales, a décidé de réduire de 20% son salaire jusqu’à la fin du mois de juin 2020. En prenant cette décision, Walsh deviendrait, selon une étude de The Financial Times, le dernier dirigeant d’une compagnie aérienne à réduire son salaire pendant cette crise.

Selon Sky News, Willie Walsh percevrait actuellement un salaire mensuel de 71 000 GBP. La baisse de 20% de sa rémunération représenterait un manque à gagner d’environ 14 000 GBP par mois jusqu’au mois de juin 2020.

Par ailleurs, les dirigeants des autres compagnies aériennes du groupe IAG, à l’instar d’Aer Lingus et d’Iberia, appliqueront également cette réduction de 20% à leur rémunération.

Outre cette baisse modérée des revenus des dirigeants des compagnies du groupe (rappelons qu’en comparaison Alan Joyce, le Président-directeur général de Qantas, a annoncé qu’il renonçait à sa rémunération pendant cette période de crise), Alex Cruz a passé un accord avec les syndicats de pilote pour que ces derniers consentent à réduire leur salaire.

Ainsi, la baisse du salaire des pilotes est de 50%.

« Les pilotes de British Airways devraient subir une baisse de salaire de 50% pour avril et mai, répartie sur trois mois. La compagnie aérienne est la dernière à essayer de réduire ses coûts à la suite de l’aggravation de la pandémie de coronavirus. L’accord avec les syndicats obligera les 4 500 pilotes de British Airways à prendre deux semaines de congés sans solde en avril et en mai, avec une déduction du salaire de base étalée sur trois mois. »

Chez Iberia, les mesures sont importantes également.

Ainsi, la compagnie aérienne espagnole du groupe IAG a demandé au gouvernement la permission de licencier temporairement (soit un chômage partiel d’une durée de 3 mois) jusqu’à 90% du personnel navigant, ainsi que du personnel dans des domaines tels que la gestion des aéroports, l’entretien des lignes et du fret.

Les salariés du siège social seront également impactés puisqu’Iberia prévoit de réduire de 70% ses effectifs. En vertu des nouvelles règles espagnoles, les travailleurs temporairement suspendus recevront des prestations compensatoires représentant environ 70% de leur salaire. 

Si ces compagnies aériennes feront d’importantes économies en procédant au licenciement temporaire de nombreux salariés et en réduisant la rémunération des salaires élevés, ces mesures ne seront pas suffisantes pour combler le manque à gagner généré par la baisse de la demande, l’interdiction de déplacement des gouvernements et l’arrêt brutal des opérations.

Willie Walsh à Doha lors du dernier sommet aéropolitique du Qatar – Crédit : The Travelers Club / Do not use without our consent

Conclusion.

Les pilotes coûtent cher aux compagnies aériennes, c’est un fait. Que ces derniers acceptent de réduire de moitié leur rémunération alors qu’ils sont, à l’instar de leurs avions, cloués au sol, c’est compréhensible. Il s’agit avant tout d’un geste de solidarité, cohérent avec l’effort global nécessaire à la survie de l’entreprise.

Je m’interroge néanmoins sur la rémunération des dirigeants réduite, quant à elle, de seulement 20% alors que la rémunération des pilotes est impactée de 50% et que nombreux salariés seront mis au chômage partiel avec seulement 70% de leur revenu habituel.

De quoi susciter une vague d’indignation parmi les salariés des compagnie du groupe IAG.

Saluons tout de même le très bel effort du Président-directeur général de Qantas qui, comme nous le rappelions, se prive de sa rémunération … jusqu’à nouvel ordre ! 😉

Tyler.

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