Les accidents aériens meurtriers se suivent et ne se ressemblent pas en ce début d’année. Il y a quelques jours, un Sukhoï Superjet 100 d’Aeroflot s’est posé en urgence et en feu à Moscou Sheremetyevo. Ce terrible accident, malgré l’évacuation de certains passagers, a fait 41 victimes dont 1 membre d’équipage.

 

L’accident.

Quelques minutes après le décollage du vol SU1492 reliant l’aéroport de Moscou Sheremetyevo à Mourmansk (dans le nord de la Russie), le Sukhoï Superjet 100 a été contraint de faire demi-tour pour un atterrissage d’urgence au cours duquel l’arrière de l’avion s’est embrasé. L’avion aurait été touché par la foudre après le décollage entrainant une panne générale du système électronique de l’appareil.

« Nous demandons à faire demi-tour (en raison d’une) coupure des communications radio » – Enregistrement des conversations.

 

Les images filmées par un passager à l’intérieur de l’appareil pendant l’atterrissage d’urgence sont difficilement supportables lorsque l’on connait le terrible bilan humain de l’accident. On y voit notamment les ailes de l’avion prendre feu.

 

En effet, sur les 78 passagers et membres d’équipage à bord de l’appareil, 41 ont trouvé la mort. À noter que les deux pilotes du Sukhoï Superjet 100 ont survécu à l’accident ainsi que les passagers installés à l’avant de l’avion majoritairement. Un plan cabine montre la répartition à bord des passagers survivants et de ce qui ont péri.

L’évacuation.

Le Sukhoï Superjet 100 a quatre issues de secours : deux à l’avant (à droite et à gauche) et deux à l’arrière de l’appareil (à droite et à gauche). Les ailes de l’avion ayant été perforées par le train d’atterrissage, le kérosène s’est déversé sur les ailes et les deux portes arrières du Sukhoï étaient en feu. Seules les deux portes situées à l’avant de l’avion demeuraient utilisables pour l’évacuation.

Une vidéo montre l’évacuation de l’appareil.

Malheureusement, comme souvent, on aperçoit des passagers quitter l’avion avec leurs bagages.

Pour mémoire, un équipage dispose de 90 secondes pour évacuer un appareil en flamme. Dans le cas du vol SU1492, l’évacuation a duré plus de 6 minutes en raison notamment des valises cabines qui jonchaient l’allée. Le fait de vouloir prendre ses bagages pendant l’évacuation d’un avion en feu ralenti considérablement la procédure de sauvetage.

On sait aujourd’hui que le ralentissement de cette évacuation a contribué à la mort de ces 40 passagers et du membre d’équipage situé tout à l’arrière de l’appareil.

Mais pas seulement.

En effet, les pompiers de la plateforme de Moscou Sheremetyevo auraient visiblement mis plus de 2 minutes pour rejoindre l’appareil après sont atterrissage.

Ainsi, le premier véhicule des secours est arrivé sur les lieux à 18H32, soit une minute après avoir été prévenu par le contrôle. Les règles en vigueur sur la plateforme impose aux pompiers un délai de 3 minutes pour arriver sur les lieux.

Ce temps d’attente me paraît particulièrement long.

En définitive, 18 minutes auront été nécessaires pour éteindre l’incendie.

Les premières pistes.

Il semblerait que les enquêteurs privilégient désormais plusieurs erreurs de pilotage comme cause du drame.

« La première erreur des pilotes a été de décoller en face de l’orage. Puis, alors que la situation était compliquée mais loin d’être catastrophique, ils ont atterri au lieu de brûler le kérosène » – Kommersant, média russe.

En effet, l’accumulation de plusieurs facteurs (comme l’arrivée à trop grande vitesse par exemple) aurait conduit l’appareil à se poser violemment sur la piste et à rebondir.

Crédit : FlightRadar24

Par ailleurs, selon des sources proches de l’enquête, l’équipage technique n’aurait pas procédé à l’arrêt des moteurs après l’atterrissage et aurait ouvert un hublot du cockpit ayant eu pour effet, par appel d’air, d’accélérer la propagation de l’incendie à l’intérieur de l’avion.

Crédit : Internet

Conclusion.

Tandis qu’une version Sukhoï Superjet 175 vient d’être lancée, l’appareil qui a fait la fierté de la Russie peine à trouver preneur en dehors du pays.

Pour l’heure, la flotte de SSJ n’est ni immobilisée ni sous le joug d’une interdiction de survol mais les résultats de l’enquête confirmeront ou infirmeront la légitimité d’une méfiance que certains acteurs de l’industrie aérienne ont vis à vis de cet avion et de sa fiabilité.

La compagnie aérienne russe a promis une indemnisation (bonifiée) rapide des victimes et de leur familles même si aucune somme d’argent ne viendra guérir le traumatisme d’un tel accident ou la peine liée à la perte d’un être cher …

Tyler.

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