La situation politique est pour le moins tendue à Hong Kong. En effet, la région administrative spéciale chinoise est sujette depuis plusieurs semaines à de désormais fébriles manifestations, pourtant aux origines pacifiques, que le gouvernement central menace de réprimer sévèrement. Accusé de ne pas préserver les intérêts des hongkongais, le gouvernement en place dans la région spéciale (et positionné par Pékin) a suscité la révolte lors de la présentation d’un projet de loi visant à autoriser l’extradition vers la Chine territoriale de certains délinquants pour qu’ils y soient jugés. Ce projet de loi a depuis été suspendu.

Après avoir affecté l’économie de Hong Kong, c’est désormais au tour du secteur du tourisme et du transport aérien de souffrir de cette situation. En raison d’un sit-in géant, ayant rassemblé plus de 5 000 ressortissants de la région administrative spéciale chinoise aujourd’hui, l’aéroport a été contraint d’annuler tous les vols entrants et sortants de la plateforme (exception faite des appareils déjà en vol vers Hong Kong).

En revanche, ce sont les propos tenus par le Président-directeur général de Cathay Pacific qui ont, aujourd’hui également, suscité la surprise des observateurs. Menacé de sanctions disciplinaires, les employés de la compagnie aérienne basée à Hong Kong sont invités à bien se tenir pendant cette période agitée.

Crédit : Internet

Manifester ou conserver son poste ?

Le mémo de Rupert Hogg n’est finalement pas passé inaperçu.

Rendu public quelques heures avant l’annonce du blocage de la plateforme aéroportuaire, il y est fait état de sanctions disciplinaires à l’encontre des salariés qui participeraient à des activités illicites.

En effet, il ne faut pas oublier que le gouvernement central chinois a déclaré illégales les manifestations en cours à Hong Kong.

Les sanctions pourront, selon le mémo du Président-directeur général de Cathay Pacific, conduire au licenciement pur et simple des salariés concernés.

« Il y aura des conséquences disciplinaires pour les employés qui soutiennent ou participent à des manifestations illégales. Les conséquences pourront être graves et déboucher sur des licenciements. » – Rupert Hogg, Président-directeur général de Cathay Pacific.

Par ailleurs, vendredi dernier, les autorités chinoises de l’aviation civile ont annoncé que les employés de Cathay Pacific qui « soutiennent ou participent à des manifestations illégales, à des actions violentes ou à des comportements excessivement radicaux » seraient interdits de vol vers la Chine continentale.

L’autorité chinoise a également informé la compagnie aérienne qu’elle devait soumettre pour approbation les informations d’identification des membres d’équipage se rendant sur le continent ou survolant l’espace aérien continental.

Un bon moyen d’amener la compagnie aérienne à se conformer aux directives du gouvernement central et à contrôler les éventuels salariés répertoriés comme « activistes ».

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Mais rien ne dit que Rupert Hogg partage les idées de Pékin. Néanmoins, sa compagnie semble être contrainte de se conformer aux décisions de l’administration chinoise.

« Bien que les gens puissent partager des points de vue différents, il est essentiel que nous nous respections tous, nos clients et le public. Nous sommes conscients que cette période a été et continue d’être une période très difficile pour beaucoup d’entre nous qui vivons à Hong Kong et vivons dans cette ville incroyable. » – Rupert Hogg, Président-directeur général de Cathay Pacific.

Premières sanctions ?

Un pilote de Cathay Pacific, accusé d’avoir participé à une émeute, a été licencié purement et simplement le 30 juillet 2019. La compagnie aérienne de Hong Kong a confirmé cette décision aujourd’hui. Le pilote concerné par cette mesure disciplinaire avait déjà été cloué au sol depuis la mi-juillet.

Outre ce pilote, deux salariés du sol à l’aéroport international de Hong Kong ont également été licenciés récemment. Le motif ? L’inconduite. La compagnie aérienne n’a cependant pas donné plus d’explication quant à la fin de ces deux contrats.

À noter que le gouvernement chinois parvient à identifiant les manifestants (considérés comme des dissidents) en utilisant une puissante technologie de reconnaissance facile, soit dans les rues, soit sur les réseaux sociaux. Malgré les tentatives pour déjouer ces technologies, la Chine accumulent de nombreuses données à l’encontre des participants.

Conclusion.

Il est certain que la situation à Hong Kong ne s’améliorera pas dans un futur si proche. Le gouvernement central, la région administration spéciale et ses ressortissants semblent camper chacun sur leurs positions. Pékin, après avoir lamentablement menacé les manifestants (« ceux qui jouent avec le feu périront par le feu »), durcit le ton – ayant eu pour effet immédiat de renforcer les actions des protestataires.

Dans l’attente, la plateforme aéroportuaire prévoit un retour à la quasi – normale des vols dès demain. Ces derniers devraient reprendre en partie … jusqu’au prochain mouvement !

Tyler.

 

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