Il y a quelques semaines de cela, nous avions eu vent de cette rumeur qui grandissait dans les rangs d’Air France :  la compagnie aérienne tricolore s’apprêtait à se passer définitivement des services de l’Airbus A380. En effet, à cette époque, nous imaginions aisément que les avions stockés ne reviendraient probablement jamais, d’autant plus qu’Air France avait annoncé vouloir s’en séparer à l’horizon 2022. C’est désormais acté, la compagnie aérienne nationale a d’ores et déjà cessé l’exploitation de ses Airbus A380 et a mis un terme, par la même occasion, à l’un de ses plus gros fiasco non sans un dernier baroud d’honneur !

 

 

Adieu, l’A380 !

Air France a officiellement cessé l’exploitation de l’Airbus A380.

Jusqu’à présent, la compagnie aérienne opérait une flotte de 10 appareils et avait été la première compagnie aérienne européenne à prendre possession du super jumbo en 2009.

Depuis son premier vol commercial en novembre 2009 vers New York, Air France avait successivement ajouté de nombreuses destinations au réseau desservi par l’avion, à l’instar de Johannesburg, Los Angeles, San Francisco, Washington, Mexico, Shanghai, Abidjan, Hong Kong, Miami, Tokyo, Montréal, Singapour, Atlanta, ou encore Dubai.

Pourtant, c’est sur un ParisParis, que l’Airbus A380 a fait ses derniers adieux.

Spécialiste de l’entre-soi dont je ne nie pas d’avoir profité, et après avoir transporté près de 18 millions de passagers sur près de 40 000 vols, la compagnie aérienne a effectué une boucle au dessus du territoire national le 26 juin 2020.

Ainsi, le vol AF380 a décollé de Charles de Gaulle vendredi dernier un peu avant 16h et est rentré à son point de départ 2 heures après son dernier décollage avec des passagers à bord. Air France avait notamment convié quelques VIP pour l’occasion ainsi que ses salariés, triés sur le volet.

C’est l’appareil immatriculé F-HPJH, livré à la compagnie aérienne en mai 2012, qui a réalisé cette dernière boucle.

L’avion, après avoir décollé, a mis le cap sur le sud de la France, en survolant notamment Clermont-Ferrand,  puis Montpellier pour rejoindre Marseille où il a été rejoint par un Airbus A350 flambant neuf surnommé … Marseille. L’avion est ensuite remonté à Paris via les Alpes et la région de Grenoble.

À n’en pas douter, une ville manque à l’appel : Toulouse.

En effet, il aurait semblé logique qu’Air France survole la ville rose, patrie d’Airbus et de l’A380 en France, pour ce dernier baroud d’honneur. Ce manque de clairvoyance est incompréhensible.

Mais l’avionneur avait-il seulement envie de revoir cet appareil ? 😉

Mais le regrettera t-on vraiment ?

En effet, l’Airbus A380 est un superbe appareil.

Mais la crise du coronavirus a fortement impacté les compagnies aériennes, confrontées à une baisse significative de la demande en transport, avec une reprise intégrale envisagée dans seulement plusieurs années. Ainsi, cet avion qui permet d’emporter de très nombreux voyageurs sur deux ponts est rapidement devenu trop grand, trop couteux malgré une affection non dissimulée des passagers. L’avionneur européen n’a donc rien à se reprocher si ce n’est d’avoir offert aux acteurs du secteur un formidable outil de conquête des coeurs des voyageurs.

Si certaines compagnies aériennes ont été capables de faire de l’Airbus A380 un vrai vaisseau amiral, Air France s’est toujours satisfaite du minimum pour cet avion. Cette dernière a, dès le départ, fait de véritables erreurs de casting sur les produits proposés à bord.

Pour mémoire, l’appareil était configuré avec 4 classes de voyage :

  • Economy avec 389 sièges
  • Premium Economy avec 38 sièges 
  • Business avec 80 sièges 
  • La Première avec 9 sièges

Aujourd’hui, malheureusement, les cabines sont tout simplement obsolètes, aussi bien en Business qu’en First, le haut de gamme d’Air France.

Crédit : The Travelers Club / Do not use without our consent

Les aberrations quant à sa configuration ne manquent pas.

Ainsi, il suffit d’évoquer les pertes conséquentes d’espace à bord (à l’instar du musée virtuel situé au pont supérieur) ou encore des sièges dépassés dès leur installation à bord pour comprendre que la compagnie aérienne a véritablement fait une erreur de casting avec cet avion pourtant techniquement si réussi.

Pendant longtemps, Air France a tenté de faire croire qu’elle travaillait assidûment à la réalisation de projet de reconfiguration. Malheureusement, ces retrofits ont été estimés à près de 50 millions d’euros par avion si bien que le projet a été abandonné par Benjamin Smith à son arrivée à la tête du groupe.

Finalement, dire adieu dès maintenant à ce superbe avion si mal configuré par Air France est peut-être un mal pour un bien d’un point de vue purement confort à bord !

Conclusion.

Je suis, à titre personnel, triste de ne plus jamais remonter à bord d’un super jumbo aux couleurs d’Air France,  mais je suis rassuré de voir disparaître ces configurations obsolètes, notamment en cabine La Première, le fleuron de la compagnie aérienne en matière d’expérience client.

Une page de l’histoire se tourne …

Tyler.

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