Le pavillon aérien tricolore est au plus mal. Ces dernières semaines, nous avons assisté, impuissants, au triste spectacle offert par l’arrêt des opérations d’Aigle Azur, compagnie aérienne française historique pourtant bien ancrée dans notre paysage aérien. Sous le feu des projecteurs principalement depuis le début du mois d’août 2019, on en oublierait presque les graves difficultés économiques de sa consoeur XL Airways. Pourtant, Laurent Magnin, le Président-directeur général de la compagnie française low cost, n’a eu de cesse de tirer la sonnette d’alarme ces derniers années quant à la viabilité et la pérennité du transport aérien français.

XL Airways cesse la vente de ses titres de transport.

En grande difficulté financière, XL Airways a aujourd’hui pris la décision de stopper la vente de ses billets d’avion. L’information est relayée sur le site internet de la compagnie aérienne low cost.

Si le moteur de recherche demeure disponible, ce dernier débouche sur une page d’erreur, n’offrant ainsi aucune proposition de vol aux clients.

XL Airways précise que les vols de ce week-end devraient être maintenus (du vendredi 19 au dimanche 22 septembre 2019). Néanmoins, et à compter du lundi 23 septembre 2019, certains vols devraient être annulés. Un site internet dédié a été mis en place afin de suivre en direct le maintien ou l’annulation des vols.

XL Airways demande son placement immédiat en redressement judiciaire.

Pour mémoire, le redressement judiciaire est une procédure collective de droit français dans laquelle sont notamment placées les entreprises lorsque ces dernières sont en cessation de paiements et tant qu’un redressement de l’activité est envisageable.

À défaut, s’ouvre la liquidation judiciaire à l’instar de ce que vit actuellement la compagnie Aigle Azur.

Nos confrères de Tour Hebdo rapportaient que le dossier de demande de placement en redressement judiciaire avec poursuite d’exploitation sera déposé vendredi 20 septembre (matin). Ensuite, une première audience se tiendra dès lundi 23 septembre (après-midi) au Tribunal de commerce de Bobigny, à laquelle les syndicats comptent être présents.

Ensuite, les éventuels repreneurs disposeront d’un délai de 5 jours, jusqu’au vendredi 27 septembre, pour se prononcer puisque la trésorerie d’XL Airways ne permettra pas d’assurer les vols après le jeudi 26 septembre au soir.

La compagnie dirigée par Laurent Magnin a connu de nombreux actionnaires depuis sa création. La recherche d’un ou de plusieurs repreneurs ayant été anticipée en amont de cette demande de placement en redressement judiciaire.

Le cas La Compagnie.

Le cas de La Compagnie est plus complexe.

Sur sa traditionnelle casquette, Laurent Magnin arbore deux logos : celui d’XL Airways, bien entendu, mais également celui de La Compagnie.

Crédit : Pierre Morel

En effet, depuis le 1er décembre 2016, La Compagnie et XL Airways se sont officiellement rapprochées.

Dreamjet Participations, la holding de La Compagnie, créée et présidée par Frantz Yvelin depuis 2013, a acquis XL Airways et détient désormais l’intégralité des actions des deux entités : La Compagnie Boutique Airline et XL Airways.

Depuis ce rapprochement fin 2016, et compte tenu du départ du Président-fondateur Frantz Yvelin, c’est Laurent Magnin, déjà Président-directeur général d’XL Airways qui est désormais à la tête des deux compagnies aériennes.

Mais entre décembre 2016 et septembre 2019, les choses ont bien changé pour La Compagnie.

Du rouge, cette dernière est (enfin) passée à l’équilibre.

Pour l’heure, aucun arrêt des opérations de La Compagnie n’a été évoqué, encore moins un placement en redressement judiciaire. D’autant plus que les réservations semblent bien se porter et que la compagnie aérienne spécialisée dans le tout Business est entrée en possession de son premier Airbus A321neo cet été !

Crédit : Dirk Grothe

Conclusion.

Après Aigle Azur, XL Airways.

Décidément, une épée de Damoclès pèse au dessus de la tête du pavillon aérien tricolore.

Laurent Magnin le disait : des ajustements s’opèreront sur le marché des compagnies aériennes low cost prévoyant que ce dernier se régulerait de lui-même par la concurrence.

Visiblement au détriment d’XL Airways

Tyler.

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