Début 2018, nous vous présentions un dossier de Tyler Birth dédié à la compagnie aérienne privée indienne, Jet Airways. À cette occasion, outre son positionnement, nous évoquions les ambitions de la compagnie aérienne, résolument tournée vers le futur, comme son importante commande de Boeing 737 MAXappareil pour lequel l’avenir proche est incertain – à l’avionneur américain le laissait à penser.

Crédit : Boeing

Mais voilà, ces derniers mois, Jet Airways a accumulé les dettes. Au point que son ardoise se monte aujourd’hui à plus d’un milliard de dollars.

Pour mémoire, Jet Airways est une compagnie privée, détenue à hauteur de 24% de son capital par la compagnie aérienne d’Abu Dhabi qui traverse également une mauvaise phase. En effet, Etihad Airways – elle même à la recherche de fonds – peine à sortir la tête de l’eau et ne sera pas d’un grand soutien pour Jet Airways. Rappelons le, Etihad est actuellement poursuivie par les créanciers d’Air Berlin (dont elle était l’actionnaire également) pour ne pas avoir apporter tout le soutien économique nécessaire. Amende comprise, si un jugement était prononcé contre cette dernière, la somme à verser pourrait s’élever à 2 milliards d’euros.

Crédit : DR – Internet

Jet Airways est entrée en discussion avec l’État indien et des banques locales afin d’obtenir un financement, mais pour l’heure cette approche entamée il y a plusieurs mois de cela est restée lettre morte.

Ainsi, faute d’argent dans les caisses, la compagnie indienne n’est plus en mesure d’honorer l’intégralité de ses contrats.

Indépendamment de l’immobilisation forcée de ses Boeing 737 MAX jusqu’à nouvel ordre, en raison du non paiement de ses loyers, les leasers de Jet Airways ont cloué au sol une partie de la flotte de la compagnie aérienne. Privée de la moitié de sa flotte d’avions, la compagnie aérienne ne dispose pas de toutes les cartes pour se relever efficacement.

Mais ce n’est pas tout.

Il y a quelques jours, selon le India Times, la National Aviator’s Guild (syndicat indien qui représente la majorité des pilotes de Jet Airways) a informé le Ministère du Travail indien que les navigants techniques de la compagnie aérienne n’étaient plus payés depuis des mois. Ainsi, depuis janvier 2019, Jet Airways n’aurait plus la surface financière lui permettant de rémunérer ses pilotes.

Depuis, le syndicat a demandé le paiement immédiat – plus intérêts – des salaires non versés par la compagnie aérienne depuis le début de cette année.

Conclusion.

Jet Airways est une belle compagnie, à l’instar de Kingfisher en son temps, avant qu’elle ne sombre quelques mois à peine avant de rejoindre oneworld.

La compagnie aérienne a subi de plein fouet l’attaque de la concurrence portée par Indigo, la compagnie low cost indienne, dont l’expansion n’est plus à prouver.

De plus, si elle a été porteuse d’innovations par le passé – souvenons nous de la présentation du Boeing 777 au salon du Bourget en 2007Jet Airways stagne depuis longtemps. La compagnie aérienne avait d’ailleurs annoncé l’an passé le retrait de son produit de Première classe, ne trouvant pas suffisamment de clients pour le rendre rentable.

Crédit : The Travelers Club / Do not use without our consent

En France, Jet Airways s’est rapprochée d’Air France aussi et surtout dans une tentative désespérée de réduire ses coûts, fermant par la même occasion son antenne locale (après avoir déjà quitté Bruxelles quelques années auparavant).

L’avenir est incertain pour Jet Airways.

Plus que jamais !

Tyler.

(Crédit photo de couverture : The Travelers Club / Do not use without our consent)

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